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Lorsqu’une
femme exprime le désir d’apprendre des danses
traditionnelles telles que les danses africaines, indiennes ou le
flamenco, cela n’attire l’attention de personne. Par
contre, lorsqu’il s’agit de la danse du ventre, on la
regarde en fronçant les sourcils.
L’une
des nombreuses attractions de la danse baladi est d’exprimer
l’artiste invisible qui sommeille en nous. Aussi, elle est
l’une des rares danses qui accepte le corps de la femme tel
qu’il est.
Cette
danse confirme la sensualité de la femme de tout âge,
lui donnant ainsi une chance de redorer l’image parfois
négative qu’elle peut avoir d’elle-même, le
tout dans un climat de soutien et non de compétition. Ce
n’est
que plus tard qu’elle retrouve, grâce au baladi, les
aspects essentiels de sa féminité.
La
danse arabe est centrée davantage sur l’expression de
soi, que ce soit en solitaire ou en relation avec les autres. Elle
permet d’explorer le type primitif en chacun de nous,
c’est-à-dire les archétypes de la coquette, de la
mère nourricière, de la sensuelle, de la médium
et de la poétesse.
Hésiode,
un ancien poète grec, écrivait que : ,<<La
magie sensuelle des femmes contribue à attendrir le
comportement des hommes et ainsi à transformer l’instinct
bestial en amour>>.
À
l’origine, le baladi fut emmené de l’Inde au Ve
siècle par
les tribus tziganes, c’est-à-dire
les étranges. Les tziganes qui ont quitté les Indes,
traversé les pays arabes et sont entrés en Espagne au
XVe siècle, ont laissé des traces
mystérieuses sur leur passage. Entre autres, ces
étrangers
avaient d’anciens rituels comme la danse de la
fécondité.
Dans la Grèce antique, il exista aussi un certain nombre de
danses de la fécondité qui étaient toutes
fondées sur la rotation du bassin, le balancement des hanches
et un tremblement exagéré du postérieur.
Le
Raks Sharki, la danse que nous utilisons le plus aujourd’hui,
est un hybride du baladi. Elle a subi l’influence de diverses
traditions de danses. On y trouve des éléments indiens,
persans et turcs. Cette danse est appelée parfois <<
style classique>> car elle est la plus raffinée et la
plus sophistiquée des danses du monde arabe. On retrouve aussi
le style asiatique dans la prestance et la dignité du sharki.
Il a emprunté à l’Inde et à la Perse les
mouvements de la tête, des mains et de bras et à la
Turquie le dos souple et ondulant.
Le
Raks Sharki a aussi assimilé un certain nombre
d’éléments
occidentaux. La première à présenter ce style de
danse à l’écran fut Samia Gamal, y ajoutant des
pirouettes de ballet, des mouvements de bras à la verticale et
faisant son entrée en agitant un voile diaphane.
Il
est maintenant devenu habituel dans le sharki, d’entamer une
danse avec ce voile. Il lui donne une dimension classique et permet
à
l’auditoire de mieux percevoir le flux d’énergie
qui émane du haut du buste jusqu’au-dessus de la
tête.
Le
centre des mouvements du sharki se
trouve plus dans le haut du buste que dans les hanches. Il se danse
sur la pointe des pieds et prend sa source dans le rythme. Le sharki
qui a fait des emprunts au monde du cabaret est la moins pure des
danses arabes et c’est peut-être pour cette raison
qu’elle est la plus ouverte aux innovations.
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